Comment je suis devenue donneuse volontaire

Un jour, un appel au don d’une personne malade, partageant les mêmes origines que nous, m’est parvenu par Internet. Il s’agissait pour cette personne de trouver un donneur compatible car aucun ne figurait sur les registres français et mondial. Cela a définitivement achevé de me convaincre de m’inscrire. J’ai donc franchi le pas : je suis désormais une « veilleuse de vie » !

J’ai toujours été sensible à ce combat… le don de moelle osseuse, car mon père souffre d’une leucémie à tricholeucocytes et j’ai perdu un cousin atteint d’une Leucémie Myéloïde Aigüe (LMA) alors qu’il n’avait que 30 ans. Nous sommes originaires de Madagascar, une région du monde où il est malheureusement impossible de bénéficier d’une greffe de moelle osseuse.

Un jour, un appel au don d’une personne malade, partageant les mêmes origines que nous, m’est parvenu par Internet. Il s’agissait pour cette personne de trouver un donneur compatible car aucun ne figurait sur les registres français et mondiaux. Cela a définitivement achevé de me convaincre de m’inscrire. J’ai donc franchi le pas : je suis désormais une « veilleuse de vie » !

Je dois dire qu’auparavant j’avais de nombreux a priori, peur de devoir passer par la case anesthésie générale, peur que ça soit douloureux. Le médecin qui m’a accueillie à l’Établissement Français du Sang a levé tous mes doutes. Pour mes 40 ans, j’ai donc pris un engagement sur le long terme dont je suis plutôt fière : je me suis officiellement inscrite comme DVMO, une Donneuse Volontaire de Moelle Osseuse ! Moins technique et plus humaine, je préfère la qualification de « veilleur de vie ». J’ai rejoint donc les 300 000 autres veilleurs de vie répertoriés sur la base de données française interconnectée à d’autres bases de données à travers le monde.

Les DVMO sont comme des agents dormants – de gentils agents! – qui attendent qu’une mission leur soit confiée : offrir un peu de leur moelle osseuse pour sauver une vie. Désormais, on peut m’appeler à tout moment pour faire ce don si une personne malade présentant une compatibilité avec moi a besoin d’une  greffe. Demain, dans un mois, dans cinq ans -ou jamais !- et ce, jusqu’à mes 60 ans. Ma jumelle HLA en quelque sorte. Contrairement au don de sang, l’histocompatibilité prend en considération beaucoup plus de caractéristiques génétiques pour minimiser le risque de rejet du greffon.

Résultat : en-dehors de la fratrie ou de votre entourage immédiat, la chance de compatibilité est d’une sur un million ! Autant dire que c’est une vraie loterie où il n’y a pas de lots de consolation, c’est tout ou rien ! Plus il y aura de donneurs potentiels identifiés, plus grande sera la chance pour un malade de trouver un donneur qui puisse le sauver, d’où l’importance de s’inscrire sur le fichier national.

Avec les progrès de la médecine, il existe désormais deux alternatives pour extraire la moelle osseuse :

– La première consiste à ponctionner la moelle au niveau des hanches avec une grosse aiguille. Le donneur est sous anesthésie générale et est hospitalisé pendant deux jours en observation. Cette méthode représente un tiers des « extractions ». Le donneur ressent pendant quelques jours une gêne similaire à un gros bleu.

– La deuxième, moins « invasive », consiste à prendre un médicament qui accélère la production de cellules souches par le corps, faisant ainsi passer en quelques jours le surplus de production dans le sang. Il ne restera plus qu’à les extraire par prélèvement sanguin. L’opération dure quatre heures et ne nécessite pas d’anesthésie ni d’hospitalisation.

Un donneur ne sera sollicité que pour un seul receveur (en dehors de membres de sa famille), pas deux. Un petit geste à peine plus douloureux qu’un arrachage de dent qui, pourtant, peut sauver une vie.

Et maintenant que je sais que je peux potentiellement sauver une vie humaine, je me sens encore plus responsable de la mienne. Je prends soin de ma santé et de moi-même, en continuant à éviter tout excès pour être prête à tout moment.

Alors, si vous avez plus de 18 ans, moins de 50 ans et êtes en bonne santé, je vous exhorte à franchir le pas et à venir grossir le rang des veilleurs de vie.

Rachel

Maintenant que je sais que je peux potentiellement sauver une vie humaine, je me sens encore plus responsable de la mienne. Je prends soin de ma santé et de moi-même, en continuant à éviter tout excès pour être prête à tout moment.

2017-07-28T21:50:27+00:00