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Association d'entraide des greffés de la moelle osseuse
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Bulle'tin N°66 - avril 2005
Le mot « hôpital » a la même racine que le mot « hôtel » : tous les deux viennent du latin « hospitalis ». C’est aussi bien le lieu où l’on accueille, moyennant finances, les personnes de passage que l’endroit où convergent les gens malades, poussés par l’espoir d’obtenir la guérison.
Dans le cas de l’établissement de soins, la notion d’accueil garde toute sa force et sa signification : avant de soigner, on doit recevoir, le mieux possible, les patients qui se présentent, mais comment accueillir les familles ?
La nécessité de répondre au besoin des proches d’être auprès de leurs malades est particulièrement ressentie en milieu pédiatrique : les enfants souffrants sont beaucoup plus rassurés, si les parents restent à leur chevet et ces derniers désirent encore plus remplir leur rôle protecteur, quand la maladie est là.
Les maisons des parents sont nées de la volonté de répondre à ce désir légitime de rapprochement et de présence.
Celle de Saint Louis a été inaugurée en 1988 et depuis cette date elle ne désemplit pas. : environ 500 présences annuelles sont enregistrées.
Située dans l’enceinte de l’hôpital, c’est une sorte d’enclave d’où l’on perçoit la vie trépidante des services, mais d’une façon feutrée, comme à travers un filtre : on est à l’hôpital sans l’être vraiment.
Elle se situe au rez-de-chaussée d’un des bâtiments qui constituent la partie la plus ancienne de l’établissement.
A côté de la petite entrée, égayée par des fleurs et des dessins d’enfants, se trouve le bureau prévu pour l’accueil administratif. Plus loin le salon, avec divans et fauteuils, contribue à créer une atmosphère agréable et propice à la détente, à la lecture ou au suivi d’un programme à la télévision.
Une petite équipe, coordonnée par madame Pifféri, jongle avec adresse entre les problèmes d’organisation, parfois compliqués et imprévus, et le désir d’offrir aux visiteurs un accueil qui se veut toujours souriant et efficace.
Sept chambres doubles et deux chambres individuelles sont destinées à héberger des personnes qui ne sont pas toujours de la même famille. Certains en sont un peu gênés, bien que conscients de l’avantage d’avoir trouvé une solution à leur problème de logement dans la capitale, d’autres, par contre, apprécient la possibilité d’échanges et de partage avec des parents qui vivent le même type d’histoire douloureuse.
Gérée par l’Association des Œuvres de St Jean, la Maison des Parents St Jean tire ses ressources de la participation des résidents aux frais et des subventions de la Caisse Régionale d’Assurance Maladie.
Les tarifs pratiqués tiennent compte des ressources des familles françaises relevant de la Sécurité Sociale Générale, tandis que les parents étrangers et les personnes affiliées aux Régimes Spéciaux paient tous le même prix.
Une convention établie avec l’Assistance Publique permet de faire appel à la logistique de l’établissement pour les petites réparations.
Si le salon se prête aux conversations et aux prises de contact, le lieu où les liens entre hôtes se nouent le plus facilement est sûrement la cuisine.
Rien de tel que de s’affairer à la confection de deux plats différents, pour se retrouver à discuter simplement avec quelqu’un que l’on ne connaît pas, mais qui est confronté à une épreuve semblable à la vôtre.
Les confidences vont bon train et elles contribuent à détendre l’atmosphère et à surmonter les moments de solitude.
De temps en temps, une maman cordon-bleu arrive de loin et réagit à l’angoisse en se lançant dans la préparation d’un plat typique de son pays.
C’est dans ces moments là, quand tous les résidents s’agglutinent à la porte comme attirés par un aimant, que la Maison des Parents St Jean, devenue pour un temps une vraie maison qui sent bon la cuisine familiale, remplit parfaitement sa mission : accueillir, héberger, écouter et être une bouffée d’air frais au sein de l’hôpital.
Maddalena