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Bulle'tin N°67 - juillet 2005

Saint-Louis

Rendez-vous à la cafétéria ?

Se donner rendez-vous à la cafétéria est la solution de facilité, si l’on veut être sûr de se rencontrer sans difficulté dans l’enceinte de l’hôpital Saint Louis.

Le calme étrange et un peu irréel, qui règne sous la grande verrière pendant les heures de fermeture, permet de mesurer, à contrario, l’importance qu’a pris ce lieu de vie et de convivialité au sein de l’établissement.

Plus de brouhaha, peu de personnes qui se promènent, gobelets à la main, plus de queue, qui, aux heures de pointe, déborde hors de l’espace qui lui est réservé et empiète sur le hall proprement dit.

Heureusement, ces moments-là sont rares et il est beaucoup plus fréquent de voir des gens attablés ou assis dans tous les coins disponibles avec casse-croûte et boisson à la main. Les fumeurs invétérés, munis de café et de cigarettes, se réfugient dans l’espace qui leur est réservé, derrière des claustras magiques, qui ont le pouvoir de retenir la fumée......

« Nous recevons entre 1200 et 1500 clients par jour - explique Laurence Devienne, la responsable dynamique d’une équipe de 14 personnes, qu’elle dirige secondée par son adjoint Gilles Villemin - et nous servons environ 2000 consommations entre le matin et l’après-midi ».

Arrivée de Normandie pour suivre son mari en région parisienne, madame Devienne n’occupe son poste que depuis avril 2005. Son adjoint, par contre, entame sa troisième année à l’hôpital, ce qui lui a permis de connaître des membres du personnel et certains malades qui, satisfaits de son accueil souriant, n’ont pas hésité à venir lui dire au revoir avec des chocolats. Souvenir mémorable : une bouteille de champagne personnalisée par une étiquette créée pour l’occasion...

« De mon côté - continue madame Devienne - la gestion me prend beaucoup de temps et ce sont plutôt les membres de mon équipe, qui prennent un moment pour discuter avec les patients ou les soignants ».

A côté de nous, en effet, un malade et un jeune serveur sont en grande conversation à propos d’un programme télévisé qu’ils ont vu tous les deux. L’échange est visiblement important pour le malade et c’est peut-être le seul de la journée......

Madame Devienne continue « Le lundi ou le mardi et le jeudi sont les jours où l’affluence est la plus forte, le mercredi et le vendredi c’est légèrement plus calme et les clients sont encore moins nombreux les week-ends.

Travailler dans un hôpital n’a pas été un choix pour moi, mais un hasard. J’y viens sans appréhension particulière, c’est un concentré de la vie de la rue et la cafétéria en fait partie ».

Elle se souvient avec émotion d’un petit garçon de l’âge de sa fille qu’elle a vu avant et après la greffe de moelle et qu’elle avait étonné, lui disant qu’elle ne souhaitait plus le revoir. 

Elle ajoute « Les adultes, à la rigueur, je comprends qu’ils puissent être malades, mais les petiots ça ne devrait pas exister... ».

Propos recueillis par Maddalena Chataignier 

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