Logo d'Egmos
Association d'entraide des greffés de la moelle osseuse
http://www.egmos.org

Bulle'tin N°72 - novembre 2006

Le secret ... c’est sacré !

En prenant à témoins « Apollon, Esculape, Panacée, …. tous les dieux et toutes les déesses…. » déjà dans le serment d’Hippocrate, au IVe siècle av.J.C, le médecin s’engageait à que « quoi que je voie ou entende dans la société pendant l’exercice ou même hors de l’exercice de ma profession, je tairai ce qui n’a jamais besoin d’être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas ».

Cet engagement restant toujours d’actualité, le troisième Forum National des Usagers, organisé le 3 octobre 2006 par l’ARHIF (Agence Régionale de l’Hospitalisation de l’Ile de France) avait pour thème « Les droits des usagers et le secret professionnel ».

Une enquête a été lancée à la fin du mois de juin pour faire le point sur la mise en place des CRUQPC (Commission de relation avec les usagers et de la qualité de la prise en charge) et, d’une façon plus générale, sur le rôle des représentants des patients au sein des établissements de l’Ile de France. Ce travail a mis en évidence la réelle volonté des hôpitaux de les intégrer au sein du dispositif de soins. Les professionnels considèrent que leur présence est « nécessaire » dans 62 % des cas et 27% la qualifient de « souhaitable ». On peut considérer ces chiffres comme significatifs, car il y a eu 309 réponses sur 392 questionnaires envoyés.

Or, qui parle de droits, reconnus par les lois de mars 2002, ne peut pas passer sous silence les devoirs, qui découlent de la présence des bénévoles dans l’enceinte hospitalière.

S’intégrer dans le tissu des soins et se faire accepter par les équipes, qui ne manquent pas de souligner dans l’enquête que parfois cette collaboration peut entraîner des contraintes, sous-entend le respect des engagements, qui vont de l’assiduité au suivi des formations sans oublier la prise en compte du devoir de réserve vis à vis du personnel et des patients.

Pendant le Forum, l’intervention d’un avocat à la Cour a été centrée sur le fait que, juridiquement, la notion de secret médical a été remplacée par celle de secret « professionnel » et que cela concerne tous les intervenants, y compris bien entendu les bénévoles.

Rien de ce qui se dit doit être reporté à l’extérieur, sinon ce serait trahir le rapport de confiance que les soignants et les membres des associations essaient d’établir avec les patients et leur famille. Plusieurs participants au Forum ont d’ailleurs souligné que l’efficacité thérapeutique du traitement peut être accrue, si l’on arrive à instaurer des liens de soutien et de sympathie avec le malade.

Les conclusions de la journée du 3 octobre ont été claires et formelles : les bénévoles sont reconnus comme étant un maillon dans la chaîne du soin, mais, en contrepartie, ils ont les mêmes devoirs vis-à-vis des patients que tout autre intervenant.

Maddalena Chataignier