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Association d'entraide des greffés de la moelle osseuse
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Bulle'tin N°74 - mai 2007
Depuis que les malades arrivent à T3 avec leur ordinateur ou ont la possibilité d’utiliser un des portables, qui sont mis à leur disposition dans les bulles, la communication en temps réel avec l’extérieur va bon train. Elle permet de conserver les liens avec la famille et les amis, ce qui contribue à garder le moral et par là à mettre de son côté toutes les chances de guérison.
Il arrive qu’à la fin du séjour il y ait des échanges d’adresse email et c’est là que les surprises commencent, surtout si le patient est étranger et rentre dans son pays d’origine : en effet, le petit signe, qui sépare le nom de l’adresse, nommé communément « arobase », a des appellations très diverses, les unes plus évocatrices et fantaisistes que les autres, selon la langue employée.
Un italien vous précisera que son nom est suivi d’un « chiocciola », un petit escargot enroulé sur lui-même, qui se transforme en queue de singe aux Pays Bas, en trompe d’éléphant au Danemark et en bâton de cannelle en Suède, sans oublier les israéliens qui, plus gourmands, y voient un « shtrudel » aux pommes.
Ce seraient les moines copistes qui, vers le VIème siècle, auraient fusionné peu à peu le « a » et le « d » du « ad » latin (qui signifie « vers » en français). Le mot « arobase », qui semble le plus employé, bien que le terme préconisé par la Délégation générale à la langue française soit « arrobe », viendrait de « a rond bas » c'est-à-dire a minuscule entouré d’un rond.
Le petit « a » continue son chemin à travers les siècles : on le retrouve au Moyen Age chez les marchands florentins, comme symbole d’une unité de poids ou de mesure, mais son usage se répand vraiment au XIXème siècle aux Etats-Unis, où il sert à marquer le prix unitaire des marchandises. « Deux lits à 30 dollars pièce » se marquait « 2 beds @ $ 30 » et le @ se lisait « at » comme encore aujourd’hui en anglais. Repris d’abord sur les claviers des machines à écrire, ce signe passe tout naturellement dans le monde de l’informatique et en 1971 il est choisi par Ray Tomlinson pour indiquer la localisation des boîtes aux lettres virtuelles.
Devenu peu à peu le symbole d’Internet, la fantaisie de chacun y a vu une image différente … ce qui n’empêche nullement le courrier d’arriver à son destinataire.
Maddalena CHATAIGNIER