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Association d'entraide des greffés de la moelle osseuse
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Qu'est-ce que la greffe de moelle osseuse ?


La moelle osseuse est indispensable à la vie

La moelle osseuse ne doit pas être confondue avec la moelle épinière.

La moelle osseuse est une « usine » dans laquelle sont fabriqués tous les éléments cellulaires du sang. C’est là leur lieu de naissance, de multiplication et de maturation.

La moelle produit :


Son but :

La greffe de moelle osseuse a pour but de remplacer la moelle malade d’un patient par une moelle saine provenant d’un donneur sain ayant la même carte d’identité tissulaire H.L.A. (1). Elle permet la reconstitution des cellules sanguines et du système immunitaire. Elle est à l’origine de la guérison de nombreuses maladies du sang.

 

Les techniques de greffe de moelle

L’Allogreffe (16)

Greffe réalisée avec un donneur autre que le malade lui même.

La méthode consiste, une fois la moelle prélevée, à faire un tri de façon à retenir les cellules souches et à éliminer les cellules non indispensables à la greffe comme par exemple les globules rouges, les globules blancs et un certain nombre de lymphocytes T (cellules de défense de l’organisme) responsables de possibles complications de greffe.

La méthode de prélèvement consiste à recueillir à partir du sang les cellules souches du donneur situées dans la moelle osseuse. Le travail commence par l’injection dans le sang du donneur d’un facteur de croissance, le GCSF, qui active la moelle. C’est une substance que nous avons tous dans notre organisme, mais qui, donnée à fortes doses sur 3 jours, permet de mobiliser les cellules souches vers le sang. Il suffit ensuite de les récupérer en utilisant la même technique que celle employée pour un prélèvement lors d’un don de plaquettes.

La méthode consiste à recueillir les cellules souches issues du sang de cordon que l’on a prélevé à la naissance d’un nouveau né. Cette technique est prometteuse car elle permet de réaliser des greffes en situation moins compatible

L’autogreffe

Consiste à greffer les propres cellules de la moelle osseuse du malade, après avoir purgé les cellules malignes du malade en laboratoire.

 

Le choix du donneur

Le plus souvent le donneur est un membre de la famille sélectionné parce que sa moelle est identique pour les systèmes de compatibilité tissulaire ou système HLA (1) avec une fréquence d’environ 25%

En l’absence de donneur familial, un donneur non apparenté, « HLA (1) compatible au niveau des cellules et des tissus » peut être trouvé sur un fichier de donneurs volontaires. Le don est anonyme et gratuit.
La moelle est prélevée près du domicile du donneur puis transportée jusqu’au receveur par un médecin de l’équipe.

 

Après la greffe

Les cellules injectées feront plusieurs tours dans la circulation sanguine et iront progressivement s’implanter dans leur territoire osseux.
Le malade reste en aplasie (2) (absence quasi totale de toutes les variétés des globules du sang) au moins 15 jours jusqu’à ce que les cellules souches de la moelle (3) se reproduisent et forment les cellules sanguines.

Les précautions d’asepsie (4) sont alors indispensables, car l’organisme ne peut se défendre. C’est un moment difficile à passer, physiquement car le malade est fatigué et moralement car l’attente est angoissante.

Il est nécessaire d’effectuer des prélèvements sanguins qotidiens au cathéter (5) pour suivre l’évolution de la numération et formule sanguine (6).

 

Les maladies de la moelle osseuse

Ce sont par exemple les maladies malignes, notamment dans le cas de leucémies aiguës (7) ou chroniques (8), de lymphomes (9), de myélomes (10), etc...

Ce sont aussi des aplasies médullaires (2) acquises responsables d’un arrêt progressif du fonctionnement de la moelle osseuse et d’un tarissement de la production de cellules sanguines.

Des déficits immunitaires sévères (11) qui touchent les nourrissons.

Il peut s’agir de maladies génétiques telles que, l’anémie de Fanconi (12), la thalassémie (13) ou la drépanocytose (14).

Ou bien encore d’autres affections rares comme l’hémoglobinurie paroxystique nocturne (15).

 


 

Lexique

(1) Carte d’identité tissulaire H.L.A. : « Human Leucocyte Antigen » La compatibilité H.L.A. est déterminée par des marqueurs disposés à la surface des globules blancs et des tissus de notre organisme. Ils peuvent être comparés à des empreintes digitales. Ils constituent donc une véritable carte d’identité spécifique de chaque individu. Ils ne doivent pas être confondus avec les marqueurs des groupes sanguins A.B.O. Rhésus.

(2) Aplasie médullaire : diminution des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes. Maladie rare qui s’observe le plus souvent chez les enfants et les adultes jeunes, elle peut être due à des affections virales ou à des intoxications chimiques. Dans 50% des cas, il n’y a pas de raison apparente.

(3) Cellules souches de la moelle : cellules jeunes, immatures à l’origine de toutes les cellules sanguines. Leur évolution passe par plusieurs phases de croissance et de maturation, jusqu’à donner des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes, adultes et fonctionnels.

(4) Asepsie : précautions nécessaires destinées à désinfecter ou stériliser l’environnement du patient par tous les moyens techniques en usage, afin de se débarrasser des microbes.

(5) Cathéter : c’est un tube mince et flexible disposé pour un temps donné, à l’intérieur d’une veine, en vue d’introduire des médicaments dans l’organisme ou de prélever du sang. Ce dispositif évite au patient les inconvénients des piqûres à répétition.

(6) Numération sanguine : procédé par lequel les médecins réalisent le décompte des cellules sanguines. Cette évaluation se fait à partir d’une prise de sang. On peut ainsi mesurer le nombre de globules blancs, de globules rouges, de plaquettes et de divers autres facteurs.

(7) Leucémies aiguës : maladies cancéreuses très agressives définies par une multiplication très rapide des globules blancs et un blocage à un certain stade de leur évolution.

(8) Leucémies chroniques : maladies cancéreuses au long cours (parfois plusieurs années) définies par une multiplication plus ou moins lente de certains globules blancs et des plaquettes. Ces cellules malignes peuvent à la longue se transformer en leucémie aiguë.

(9) Lymphome : maladie du système de défense de l’organisme définie par la cancérisation des lymphocytes logés dans les ganglions répartis dans tout l’organisme. Ces cellules malignes peuvent envahir d’autres organes tels que : la moelle osseuse, le foie et la rate.

(10) Myélome : maladie cancéreuse des plasmocytes (apparentés aux lymphocytes) dont le rôle est de produire des anticorps. Les conséquences de cette maladie peuvent toucher différents organes et tissus dont les os et la moelle osseuse.

(11) Déficits immunitaires sévères : maladies génétiques affectant les nourrissons caractérisées par une déficience du système de défense de l’organisme. Ces jeunes enfants « bébé bulle » sont ainsi exposés à diverses infections.

(12) Anémie de Fanconi : maladie génétique touchant principalement les enfants, caractérisée par une aplasie médullaire (2) et pour un certain nombre d’entre eux par des malformations congénitales. Ces malades ont aussi une grande sensibilité vis à vis des cancers.

(13) Thalassémie : maladie génétique, touchant principalement les enfants, caractérisée par une incapacité de la moelle à produire des globules rouges pourvus en hémoglobine normale. Cette affection est plus ou moins invalidante et touche plusieurs organes : foie, rate, etc. Il existe aussi des déformations osseuses affectant plusieurs parties du corps, dues à la compression de la moelle osseuse. Cette maladie touche principalement les populations d’Asie et de pays bordant la Méditerranée.

(14) Drépanocytose : maladie génétique, touchant principalement les enfants, caractérisée par une anomalie de structure de l’hémoglobine. Cette affection est également très invalidante du fait de l’anémie et de la sensibilité des patients aux infections et aux thromboses (engorgement des vaisseaux sanguins par les globules rouges déformés). Cette maladie touche particulièrement les populations d’Afrique noire et d’Asie.

(15) Hémoglobinurie paroxystique nocturne : maladie génétique acquise (non héréditaire) caractérisée entre autres, par une destruction des globules rouges (hémolyse) provoquées par des protéines du sang qui jouent un rôle d’agent auxiliaire du système immunitaire et appelées pour cela «complément». Normalement, les globules rouges en sont protégés par d’autres protéines situées à leur surface. Mais du fait de l’anomalie génétique, ces protéines sont dans l’incapacité de se défendre de l’action destructrice du «complément».

(16) Allogreffe : greffe réalisée avec un donneur autre que le malade lui même.

(17) Hémoglobine : Piment biologique contenu dans les globules rouges nécessaires aux échanges gazeux.

(18) Flux laminaire : équipement placé au-dessus du lit du patient immunodéprimé, composé d'un plafond soufflant de l'air stérile entouré de rideaux en plastique transparent. Toutes les chambres stériles (dites "bulles") en sont équipées.

(19) Plasma : élément liquide contenant les différents éléments biologiques du sang.

(20) Hématocrite : pourcentage en volume de cellules, essentiellement les globules rouges par rapport au plasma.

(21) Plaquettes : Cellules sanguines qui joue un rôle important dans les phénomènes de coagulation du sang et de la cicatrisation. Sans elles il y a risque d'hémorragie.

(22) Cellules hématopoïétiques : Cellules produites par la moelle osseuse responsables de la production de tous les éléments figurés du sang (globules rouges, globules blancs, plaquettes).